AA / Jérusalem
La police israélienne a lancé un plan visant à recruter des juifs religieux et des militants d’extrême droite pour servir sur l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa afin d’y affirmer le contrôle israélien, selon un rapport publié par le quotidien israélien Haaretz.
Le journal a rapporté mercredi que la police israélienne recrute des juifs religieux pour travailler sur le site et coopère avec des militants d’extrême droite qui encouragent les visites juives sur l’esplanade, dans le but d’enrôler des agents issus de leurs rangs.
Selon le rapport, Daniel Lerach, commandant adjoint de l’unité de police chargée de l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa, a diffusé des appels au recrutement sur les réseaux sociaux et dans des groupes WhatsApp, notamment sur des forums liés à des organisations d’extrême droite et à des colons israéliens en Cisjordanie occupée.
« Le nombre de visiteurs juifs sur l’esplanade a considérablement augmenté et la police israélienne a ajouté une heure supplémentaire aux horaires de visite », indique le journal.
Citant des sources policières, Haaretz affirme également que les commandants de district entretiennent des contacts réguliers avec le ministre israélien de la Sécurité nationale, d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir, ainsi qu’avec son épouse, Ayala.
Le quotidien décrit ce recrutement ciblé de juifs religieux et de militants impliqués dans les visites du site comme « une nouvelle étape dans les changements de politique en cours » sur l’esplanade.
« Un développement dangereux »
Le gouvernorat de Jérusalem, affilié à l’Autorité palestinienne, a condamné cette initiative, la qualifiant de « développement dangereux » reflétant les projets israéliens visant à renforcer les efforts de modification de l’identité de la mosquée Al-Aqsa.
Dans un communiqué publié jeudi, il a affirmé que le problème ne réside pas dans la campagne de recrutement elle-même, mais dans ce qu’elle révèle des tentatives de « transférer l’autorité effective sur Al-Aqsa du Waqf islamique vers la police israélienne et d’autres institutions de l’État ».
Le gouvernorat a souligné que le Département du Waqf islamique de Jérusalem, relevant du ministère jordanien des Awqaf, des Affaires islamiques et des Lieux saints, demeure la « seule entité » habilitée à administrer et superviser la mosquée conformément aux arrangements en vigueur.
Il a accusé les autorités israéliennes de saper systématiquement le rôle du Waqf et de chercher à exercer un contrôle accru sur l’accès au site, son personnel et sa gestion quotidienne.
Depuis 2003, la police israélienne autorise unilatéralement les colons à pénétrer dans l’enceinte de la mosquée deux fois par jour, le matin et l’après-midi, à l’exception des vendredis et samedis.
Les Palestiniens estiment qu’Israël intensifie ses efforts de judaïsation de Jérusalem-Est, y compris de la mosquée Al-Aqsa, et cherche à effacer son identité arabe et islamique.
Les Palestiniens considèrent Jérusalem-Est comme la capitale de leur futur État, conformément aux résolutions internationales qui ne reconnaissent ni l’occupation israélienne de la ville en 1967 ni son annexion en 1980.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani