Mariem Njeh
31 Mai 2026•Mise à jour: 31 Mai 2026
Le président français Emmanuel Macron a fermement mis en garde contre la détérioration de la situation au Moyen-Orient, affirmant dimanche que « rien ne justifie l'escalade majeure en cours au Sud-Liban » et exigeant que les armes s'y taisent « pour de bon ».
Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de l'État a souligné que la stabilité de la région « doit commencer avec le Liban ». À ce titre, il a réitéré l'engagement de Paris à poursuivre son soutien aux autorités libanaises dans leurs efforts visant à rétablir la souveraineté de l'État et l'intégrité territoriale du pays.
Pour rappel, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a réclamé dimanche une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, qualifiant de « faute majeure » la poursuite de l'offensive israélienne au Liban.
Ce recadrage sur le dossier libanais s'inscrit dans le cadre d'une offensive diplomatique plus large. Emmanuel Macron a en effet indiqué s'être entretenu avec plusieurs dirigeants de la région, dont le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, le président émirati, Mohammed ben Zayed, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, ainsi que le sultan d'Oman, Haïtham ben Tariq.
Appel à un accord rapide entre Washington et Téhéran
Élargissant son propos aux autres foyers de tension, le président français a porté un message d'urgence concernant la crise impliquant Téhéran. « Il est essentiel qu’un accord entre les États-Unis et l’Iran aboutisse rapidement. Cette opportunité doit être saisie maintenant », a-t-il plaidé.
Il a érigé en priorité absolue la conclusion d'un cessez-le-feu et la réouverture « immédiate » du détroit d'Ormuz au trafic maritime, « sans aucune condition et en conformité avec le droit international ». Selon lui, cette étape indispensable devra ouvrir la voie à un « accord complet et robuste » sur le programme nucléaire et balistique iranien.
Dans ce contexte de haute tension, le locataire de l'Élysée a assuré que la France se tenait prête à prendre « toute sa part ». Le président français a souligné que Paris entend notamment aider à la reprise du trafic maritime par le biais d'une mission multinationale indépendante mise sur pied avec le Royaume-Uni, et mettre son expertise au service des discussions sur le nucléaire pour contribuer à l'établissement d'un cadre de sécurité régional.
Rappel
Les tensions régionales ont explosé le 28 février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l'Iran, l'Iran a riposté par des salves de drones et de missiles qui ont frappé des cibles à travers la région alors qu'il fermait le détroit d'Ormuz.
Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril grâce à la médiation pakistanaise, mais les pourparlers à Islamabad n'ont pas réussi à produire un accord durable. Trump a par la suite prolongé la trêve indéfiniment tout en maintenant un blocus sur les navires se rendant vers ou en provenance des ports iraniens par cette voie navigable stratégique.
Attaques d'Israël au Liban et cessez-le-feu
L'armée israélienne avait lancé d'intenses frappes aériennes sur le Liban le 2 mars, occupant de nombreuses localités dans le sud du pays.
Le gouvernement libanais a annoncé durant cette période que le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays avait dépassé le million.
Le président américain Donald Trump avait annoncé, dans une déclaration faite le 24 avril, que le cessez-le-feu temporaire de 10 jours entre le Liban et Israël, entré en vigueur le 17 avril, avait été prolongé de trois semaines supplémentaires.
À l'issue du troisième cycle de pourparlers qui s'est tenu les 14 et 15 mai entre le Liban et Israël sous la médiation des États-Unis, il a été décidé de prolonger le cessez-le-feu de 45 jours à compter du 17 mai et de tenir un quatrième cycle de négociations début juin.
Malgré le cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses attaques et ses démolitions de maisons dans le sud du Liban, tandis que le Hezbollah mène des attaques contre les troupes israéliennes au motif qu'elles violent la trêve.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait également déclaré le 25 mai avoir donné pour instruction à l'armée d'intensifier les attaques contre le Liban.