Mucahithan Avcıoglu
04 Juin 2026•Mise à jour: 04 Juin 2026
AA / Istanbul / Mucahithan Avcioglu
La Türkiye a réaffirmé son engagement en faveur du renforcement de l’écosystème de la finance islamique à l’occasion de l’ouverture, mercredi à Istanbul, de la 3e édition du Sommet mondial de l’économie islamique, qui réunit responsables politiques, institutions financières, investisseurs, chefs d’entreprise et universitaires.
S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture de la deuxième journée du sommet jeudi, le directeur général du Fonds souverain turc, Salim Arda Ermut, a souligné qu’Istanbul constituait un lieu symbolique pour cette rencontre et que le Centre financier d’Istanbul s’inscrivait dans une vision de long terme.
Placée sous les auspices de la présidence turque et organisée dans le cadre de la série de sommets AlBaraka, la rencontre se tient au siège de Halkbank, au sein du Centre financier d’Istanbul. Anadolu en est le partenaire mondial de communication.
Salim Arda Ermut a indiqué que le Centre financier d’Istanbul avait enregistré des progrès significatifs depuis 2023, avec l’installation de grandes institutions publiques et autorités de régulation, et qu’il accueillait désormais près de 20 000 personnes.
Il a également souligné que le service « One-Stop Office » (guichet unique) lancé au sein du centre permettra d’accélérer et de simplifier les processus d’investissement.
Évoquant les défis économiques mondiaux récents, Ermut a estimé que la finance islamique favorise les activités productives, le développement à long terme, l’entrepreneuriat et le bien-être social.
« En tant que Fonds souverain turc, nous considérons la finance islamique comme une composante importante de notre stratégie à long terme », a-t-il déclaré.
Selon lui, le fonds a réalisé d’importantes opérations de finance islamique au cours des deux dernières années, démontrant l’importance de ce secteur pour la Türkiye en matière de capitaux à long terme.
« Nous sommes déterminés à soutenir la croissance de la finance islamique dans les années à venir », a-t-il ajouté.
Ermut a également affirmé que la finance islamique ne constitue pas seulement une source alternative de financement, mais représente une nouvelle manière de concevoir le capital et de contribuer à un système financier plus résilient, inclusif et durable.
De son côté, Ahmet Burak Daglioglu, président du Bureau de l’investissement et des finances de la présidence turque, a déclaré que la Türkiye avait enregistré des avancées positives dans le domaine de la finance islamique au cours de l’année écoulée.
Il a précisé que son institution concentrait ses efforts sur l’internationalisation, l’élaboration de stratégies, le développement de l’écosystème ainsi que le renforcement des infrastructures et des capacités.
Selon lui, la Türkiye œuvre à connecter sa finance islamique aux marchés mondiaux, rappelant que des délégations se sont rendues dans les pays du Golfe, au Royaume-Uni, en Malaisie et en Indonésie au cours de l’année écoulée.
Daglioglu a insisté sur l’importance de faciliter l’accès des entreprises turques aux instruments de finance islamique, notamment aux marchés internationaux et aux émissions de sukuk.
Il a indiqué que la Türkiye souhaitait accroître les échanges commerciaux au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ajoutant qu’un groupe de travail avait été constitué à cette fin.
Il a également annoncé la poursuite de la coopération avec le Groupe de la Banque islamique de développement dans le cadre de la stratégie nationale de finance islamique, précisant qu’un document concret devrait être finalisé d’ici la fin de l’année.
Daglioglu a par ailleurs indiqué que la Türkiye souhaitait mettre en place une banque de données ouverte regroupant les informations des banques de développement, ainsi qu’une plateforme numérique rassemblant des données accessibles relatives aux marchés des capitaux.
Enfin, il a souligné qu’une nouvelle période d’incitations avait débuté au Centre financier d’Istanbul à la suite des mesures annoncées par le président turc, Recep Tayyip Erdogan.
« Nous mettrons l’accent sur les fonds privés et nous efforcerons de les positionner en Türkiye », a-t-il conclu.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani